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Préciser l’intention

dimanche 16 août 2020, par Ahmed Slama

… malgré le temps et les quelques vidéos, rien à faire, toujours les mêmes gênes, ‘pensais qu’au fil des sujets et des manières, ça se fluidifierait, un peu comme pour les réseaux sociaux*, que les questionnements, sans s’éteindre, s’amenuiseraient, au fil des vidéos tournées, montées, publiées, partagées, pourtant, à chaque fois, les mêmes interrogations ;

... non pas celles des sujets à traiter – ça, il y en a pléthore. Pas l’écriture – quoiqu’un peu, comme on le verra. Ni le souci de l’audience – on peut l’évacuer dès maintenant l’audience ; ‘m’en fous absolument, un tort ? sûrement, plus sûrement du à ma perception tordue ; si l’on est bien reçu, si un certain public – quel qu’il soit – reçoit ce que je fais avec faveur, ce même public qui porte intérêt (même minime) à ce que l’on appelle littérature, c’est que j’ai mal fait ! du mal avec ce public littéraire, on la connaît la situation de la littérature, tout bien réactionnaire ! et qui nous ressort les chapelets sur la liberté de l’art, on est libre quand on écrit, et autres foutaises ! si audience du côté des, je les appellerai rapidement, cercles militants échec aussi, au vu de ce que ça lit niveau littéraire, figures de proue : Damasio, sérieux ? ou encore Springora, ou encore Amigorena, ou Despentes ou que sais-je, non... même de ce côté, si accueilli favorablement, non, c’est mort.

... soyons honnêtes, quelques instants, le manque d’audience est le fait de la piètre qualité des vidéos plutôt que d’un quelconque positionnement, la qualité elle-même due, je crois, à la gêne, à cette foutue gêne évoquée plus haut, positionnement pas tranché, absence d’intention :

L’idée, est-ce que ça serait de faire de la vulgarisation ? la mode actuelle des vidéos de vulgarisation. Est-ce l’objectif de mes jactances devant l’objectif, non je crois pas, enfin, peut-être que si, le voilà, le premier problème. Est-ce de faire des recensions ? non plus. Proposer quelque chose d’un tant soit peu et relativement nouveau ? si c’est le cas, le format vidéo ou audio ne se prête aucunement à ça.

Le deuxième point a été évoqué ; la manière, marre de voir ma gueule s’étaler sur la surface de l’écran, ça sert à rien, on le sait bien, on est toutes et tous en multitask (multitâche) devant l’écran, on écoute en lisant, on regarde vaguement en faisant sa vaisselle, qu’est-ce que je me fais chier à mettre ma gueule, avec mes cheveux qui changent de forme à chaque rush ? passer à l’audio, simplement ? avec habillage graphique ? pourquoi pas ? à tenter... ce fut pourtant important, au départ, un besoin, mettre ma gueule, à l’écran me regarder parler, soutenir cette image de ma gueule de nord-africain (certain·es diraient : arabe) qui jacte littérature devant la caméra, ça a eu son importance, maintenant, plus du temps et des efforts perdus pour rien qu’aut’ chose.

La troisième question serait celle du flux – de la régularité, qu’il y ait une cadence régulière, une fois par mois (par semaine pas possible) une vidéo chaque deux mois, et ça rejoint les deux points plus haut, si les deux points évoqués plus haut fixés (voire partiellement réglés) l’intention ou les intentions de ces vidéos, on pourrait atteindre, doucement, une cadence à peu près régulière.

Parce qu’à chaque fois, comme ces deux jours derniers passés à achever l’écriture de la vidéo autour de La république mondiale des lettres gêné par rapport à certains positionnements de Pascale Casanova, où est le mot capitalisme ? une à deux occurrences, pas plus. Comment peut-on tourner ainsi autour du concept de valeur sans jamais citer Marx ? opérer ce parallèle entre « valeur littéraire » et « valeur économique » sans jamais scruter les évolutions philosophiques (voire épistémologiques) du concept de valeur ?

Que faire alors ? se contenter de résumer La république mondiale des lettres ? vulgariser, sans évoquer ces questionnements, ou alors prolonger les pistes ouvertes par Casanova (notamment) et explorer du côté de Robert Kurz (valeur-dissociation) ou encore de Bruno Astarian (abolition de la valeur) ? dès lors on n’est plus dans la vulgarisation, et la vidéo ira en s’allongeant – le but étant de faire des vidéos de moins de 10 minutes, échec répété, 17 minutes, jamais pu faire plus court.

Bon on va les effacer, les rushs, avec ma gueule qui s’étale, plus ma gueule à l’écran, déjà un souci de moins, pour le reste ; ça reste ouvert...

* à lire [ici->http://journal.litteralutte.com/spip.php?article20

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