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Pirate littéraire

vendredi 21 août 2020, par Ahmed Slama

Passer de l’un à l’autre, cette difficulté dans la variation, après un temps, quoi ? à peine quelques semaine reprendre l’écriture des recensions, y a une pile qui m’attend, Juliette Mézenc acheté en sortie de confinement, Antoine Hummel déniché du côté de l’odeur du temps (Marseille) ; Pierre Vinclair (José Corti) et Le travail de la viande de Liliane Giraudon ; lire, écrire, faire face aux vagues successives des épreuves du roman à paraître, tenir cette sorte de journal, écrit encore et toujours à la volée, du jet, le premier, le plus frais, avec minimum de relecture, l’illustration, la photo, toujours prise sur le vif.

J’en reviens à la variation, c’est à peu près toujours le même geste, les mêmes poses, moi devant le combinateur* avec mes doigts et mes mains qui moulinent ; alternant les gorgées de café et les bouffées âcres de clope électronique, pourtant rien ou si peu à voir entre le journal tenu à bout de doigts, le roman, (ce que j’appellerai rapidement) la critique** et les vidéos. À chaque basculement, ayant achevé telle vidéo ou l’écriture d’un texte du journal ou avancé sur le chantier de quelque texte en cours, toujours cette difficulté pour reprendre un autre fil, comme si justement, ma manière s’effilochait, fait de cette manière, de cette matière tissée justement dans et par ces différentes écritures, chacune prolongeant l’autre, chacune s’appuyant sur l’autre. Et toujours cette douleur au moment de reprendre l’une des pistes négligées ne serait-ce que quelques jours.

Comment tout faire tenir ensemble ? par le fil de l’écriture tenir ces lambeaux, comment ne pas succomber à la tentation de nouvelles greffes ? l’arabe repris il y a de ça quelques mois, ça avance, ça avance, mais toujours cette volonté de tout faire tenir ensemble ; se mettre à une table, le cul vissé sur quelque siège confortable, le café (matin) ou la boisson alcoolisée (soir) d’un côté, le clope de l’autre et le clavier. Est-ce un rythme tenable ? et puis surtout, qu’est-ce que je fais ? où je vais avec tout ça ? non, ce n’est pas ça la question, la bonne serait ; qu’est-ce que je veux faire ?

... le début d’une réponse m’est venu, aujourd’hui, par la poste, une lettre, un livre, Habitacles de Jérôme Orsoni*** chez Abrüpt – la pile qui gagne un étage ! – j’ouvre l’enveloppe, découvre un début de réponse. Cet autocollant glissé, l’air de rien, par Abrüpt ; La piraterie littéraire n’est jamais finie, habituellement, pas un adepte des autocollants, pourtant celui-ci est allé directement sur le combinateur, dissimulant ainsi les deux lettres composant le logo de la machine. Pirate littéraire, oui ça peut le faire, piraterie comme organisation sociale, piraterie loin des clichés éculés oui, oui, pirate littéraire, c’est à creuser !

* Ordinateur
** à distinguer de l’écrit universitaire que je n’évoquerai pas, ici.
*** écrivain dont j’apprécie particulièrement l’écriture ; à suivre son journal ; par ici.

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